Par Sudeast Info
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« On doit laver le cerveau des filles »

Ecrit par Martial Hespel

De retour sur le banc de l'équipe fanion de l'AS Cannes-Mandelieu, reléguée en Nationale 1F, Stéphane Sédano évoque sans détour les erreurs du passé et ses espoirs d'avenir avec comme mots d'ordre : respect et humilité.

C’est un chantier incommensurable que prend sur ses épaules Stéphane Sédano. Redonner le goût du jeu, du handball et de sa passion, mais aussi du respect, à l’équipe fanion de l’AS Cannes-Mandelieu, reléguée en Nationale 1, suite à une terrible descente aux enfers en D2F : 26 défaites pour 26 journées. « L’objectif sportif si l’on puis dire pour débuter, c’est d’éviter un scénario comme l’a connu récemment La Rochelle, qui vient de subir deux descentes consécutives, de D2F à Nationale 2. Pour cela, nous devons laver le cerveau des filles, qui sont en plein doute aujourd’hui et qui doivent sortir de cette sale spirale, à plus d’un titre », explique l’entraîneur à www.magsport06.fr. Tout cela au milieu d’un groupe, encore décimé, qui va se reconstruire petit à petit. Autant vous dire que lorsque Stéphane Sédano a vu sortir le calendrier de ce championnat à 13 équipes avec comme premier exempt, son équipe, il a pu afficher un large sourire. « Ce fût un soulagement de ne pas commencer dès le 10 septembre. On a gagné une semaine de temps, pour travailler, pour que les blessées gagnent une semaine car cette première journée, assurément, on ne l’aurait pas gagné, ni la deuxième. »


Oublions au plus vite alors la défaite inaugurale le week-end dernier 34 à 18 à Saint-Etienne, adversaire redoutable, athlétique, avec seulement dix joueuses dont deux gardiennes. Cannes, soutenu par Lisa Crespin ou encore sa Capitaine Alice Barres, aura fait mieux que résister pendant 20 minutes, étant même devant (5-7 ; 12e) avant que les choses ne se gâtent. « Je n’avais aucune recrue. Mes deux seuls contrats pros n’étaient pas encore là, Carla Liautard non plus, idem pour les soeurs Polizzi, tout comme Laëtitia Seby ou enfin Justine Joly. Tout ce beau monde va revenir petit à petit. Ainsi que Candice Garcia. »


Pour remonter la pente, avant même de parler du handball, Stéphane Sédano parle de l’humain, ne mâchant pas ses mots, vis à vis de ce qui a été vécu la saison dernière avec certaines joueuses et un staff technique qui n’est aujourd’hui plus là. « On sort d’une saison où la D2F ne se sentait pas du tout concernée par le club en lui-même. Quand tu arrives à la salle, que tu ne calcules personne, que tu ne dis bonjour à personne, que tu as une attitude irrespectueuse tout au long de l’année, rien ne peut fonctionner. J’ai même des dirigeants, comme du côté de Clermont-Ferrand, où on s’est plaint du comportement du groupe. Quand ta seule préoccupation est de faire remarquer qu’il n’y a pas de wifi, sans saluer le Président du club qui t’ouvre la porte de la salle… De la même façon, chez nous, dans notre gymnase, j’ai des partenaires qui ne souhaitent plus venir tant que les joueuses et l’ensemble du groupe D2F n’adoptent une autre attitude. Ils sont restés fidèles, mais attendent autre chose. J’ai vu des choses inadmissibles. Aujourd’hui, on repart sur des bases saines, avec la notion du plaisir d’être ensemble et de s’inclure pleinement dans le club. »


Pour cela, Stéphane Sédano a mis en place des choses simples. Les joueuses de la N1F deviennent chacune marraine d’une équipe de jeunes avec un cahier des charges à remplir comme faire une photo d’équipe avec leur groupe de jeunes pousses, être sur le banc à au moins deux matchs dans la saison et rendre visite au groupe qu’en cela est possible. « Tu ne peux pas demander aux gens de venir à la salle te soutenir le samedi soir si toi-même tu as une attitude déplorable en t’excluant du club. Il faut arrêter de se prendre pour quelqu’un que tu n’es pas. Et puis à un moment donné, il faut savoir si tu es passionné par le handball ou non ! Tu n’es pas juste une joueuse de D2F, aujourd’hui Nationale 1, qui vient uniquement à la salle pour toucher ton chèque à la fin du mois. On fait du sport ! C’est une passion. Personnellement, dans ce club, j’ai tout entraîné, de l’équipe U11, jusqu’à l’équipe fanion ! On se doit, joueuses et staff, d’être exemplaires envers chaque maillon du club ! Envers le dirigeant, ou le bénévole ! Dire bonjour ! Quand tu es élément d’une équipe fanion, tu as besoin du gamin qui porte le même maillot que toi, de la même façon que le jeune a besoin de s’identifier. »

Encore ce jeudi soir, l’entraîneur a eu une longue discussion avec ses filles. Son but aujourd’hui est tourné vers une seule ligne : retrouver du plaisir, de la confiance et se laver le cerveau. « C’est comme ça qu’on y arrivera car les filles sont encore touchées psychologiquement. Quand tu perds 100% de tes matchs, il faut se relever et ça ne se fait pas du jour au lendemain mais pour cela, il nous faudra gagner et vite pour avoir ce déclic. Nous devons courir ensemble, se battre ensemble et être solidaire. » Même si le groupe ne sera pas encore au complet, la saison débute réellement ce samedi à domicile contre Saint-Flour, qui sera sans doute un adversaire direct pour le maintien et qui vit un début de saison difficile notamment avec une dernière défaite à domicile 18 à 33 contre l’UPAC. Entre-temps, un court déplacement à Nice, pour affronter le centre de formation, lors d’un week-end où la LFH ne joue pas, suivi de la réception d’Annecy. « J’attends beaucoup de ces deux matchs à domicile. Ils sont ciblés. Et je le redis, si on veut sortir de ce traumatisme, il faut vite gagner. On espère vite mettre en application un projet de jeu que l’on veut spectaculaire, avec beaucoup de montées de balles très rapide. Surtout, montrer au public et aux partenaires que l’on va se battre. » Sur un championnat à 13 équipes, trois descentes sont au programme du bas de tableau.


Dans les nouveautés à retrouver hors sportif également cette saison, un moment détente, ensemble, le vendredi soir. La séance se termine entre 20h20 et 20h30 et les joueuses ont l’interdiction formelle de partir avant 20h45 avec l’obligation d’amener de quoi participer à un apéro à partager. « Désormais, je n’ai plus besoin de le répéter. Les filles le font de bon cœur et certaines restent même une heure de plus après la fin de l’entraînement. Ce sont des moments importants, retrouver le goût du collectif et arrêter de se prendre pour ce qu’on est pas, arrêter de faire les beaux. C’est avec ça qu’on retrouvera une équipe sur le terrain et que tout s’enclenchera. Le goût d’être ensemble, de la même façon qu’au club, il n’y pas à proprement dit une Nationale 1 et une Nationale 2. Il y a un groupe senior qui s’entraîne ensemble le plus possible. Je ne veux voir personne prendre sa voisine de haut. Humilité et valeur, chose qui avait disparu l’année dernière. »



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