« Appliquer des descentes serait injuste »

Volley
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  • 23/03/2020

Nous avons souvent pris en exemple ce championnat Nationale 2F où évolue Cagnes-sur-Mer. Pas moins de neuf journées sont encore à jouer dans ce très long championnat à quatorze équipes ! Placer neuf journées dans un laps de temps très court semble quasiment impossible. De plus, au moment où la situation tendra à s’apaiser, il faudra tout de même un minimum de temps aux équipes pour se remettre sur pied au risque d'une avalanche de graves blessures.

 

Président de l'USCVB, Laurent Hoff évoque la situation actuelle, ses aspirations mais aussi revient avec bienveillance sur la suite qu'il compte donner au travail de Patrick Gerbault.

Laurent, voilà maintenant quinze jours que la saison est arrêtée en raison de l'épidémie de Covid 19. Comment l'USCVB a t-elle géré cette crise ?

Au club, nous sommes passés du « tout ça pour une grippette » à un « ah oui, quand même ». Jusqu'à l'intervention du Président de la République jeudi dernier il y avait une certaine défiance... Il faut admettre que nous avons affaire à une population jeune et en bonne forme en général qui n'a pas saisi immédiatement où se situaient les vrais enjeux et risques de cette épidémie. Disons que nous avons eu quelques réactions et commentaires juvéniles. Aujourd'hui nous n'avons pas de sollicitations particulières de la part de nos membres, je pense que pour tout le monde, le volley-ball n'est pas la préoccupation du moment.

Quelle a été la position du club vis à vis de ses licenciés ?

Nous avons communiqué par un discours qui a toujours rejoint celui des autorités. Depuis la fermeture des installations sportives et à plus forte raison depuis le renforcement du confinement nous ne communiquons plus. Je pense que nous n'avons rien à dire de plus que le message officiel. Pour ce qui est d'occuper nos licenciés... Je vois et j'observe des challenges qui se mettent en place ça et là... Je comprends, je ne critique pas mais je ne m'engagerai pas dans cette voie. Nos plus jeunes licenciés ont des parents auxquels je me garderai bien de donner des conseils, les adultes font en conscience, du moins je l'espère.

Quelle est aujourd'hui la situation ?

La Fédération a pour l'instant suspendu les championnats jusqu'au 5 avril. Les installations sportives sont fermées jusqu'au 15 avril minimum et on ne va pas reprendre la compétition après une semaine de reprise des entraînements. Cela nous amène donc dans le meilleur des cas au week-end du 25 avril et il restera alors sept matchs aux N3M et neuf aux N2F à jouer. Ça peut passer mais cela risque d'être quand même sacrément compliqué.

Vous avez une position délicate car au moment où la saison a été arrêtée, votre N2F est certes d'un souffle hors zone de relégation, en revanche, la N3M est en position de descendre en Pré-Nationale. Que préconisez vous comme sortie de crise sportive ?

Si la saison devait être définitivement interrompue, je pense qu'il conviendrait d'opter pour ce que tout le monde appelle maintenant une saison blanche. C'est-à-dire que l'on redémarre en septembre prochain avec les mêmes poules que pour cette saison à une modification près. Je donnerais aux équipes qui sont en tête de leur poule en ce moment la possibilité de monter. Une montée est une forme de gratification, il n'y a donc pas d'injustice à la proposer. A contrario, il ne faut pas qu'il y ait de descente sans que tout le monde ait pu jouer sa chance jusqu'au bout. Une descente est une sanction, il serait dans ce cas parfaitement injuste de sanctionner des équipes qui n'y sont strictement pour rien quant à l'arrêt de la saison.

Les jeunes ?

Nous n'avons plus d'équipe engagée en coupe de France. Les M17M ont été sorties aux portes des finales.

Revenons quelques semaines en arrière. Vous avez pris la présidence du club suite au décès de Patrick Gerbault des suites d'une longue maladie. Pourquoi ?

Lorsque Patrick a fait sa rechute au printemps dernier, nous nous étions rencontrés en tête à tête et il avait évoqué son départ en me disant « Pour ce qui est de passer la main... ». Je l'avais immédiatement interrompu lui disant qu'il me paraissait tout à fait apte à gérer le club. Je me disais surtout au fond de moi que cela lui ferait du bien de s'occuper l'esprit durant son traitement. En fin d'année, sa santé s'est dégradée et il m'a appelé, ce que nous nous sommes dit restera entre nous, puis il nous a adressé une lettre de démission.

Vous marchez dans ses pas ?

Le club est clairement dans la continuité de son travail. J'étais son vice-président, je lui succède. Le Comité Directeur s'est étoffé sans perdre ses anciens membres, nous ne sommes clairement pas dans une refonte de notre association. Pour autant, par-delà l'attachement à la personne qu'il était, Patrick nous manque. Il était après vingt ans de présidence le garant de la crédibilité de notre club. Aujourd'hui, même si nous marchons dans ses pas, il nous appartient de faire nos preuves. L'USCVB est un club avec une histoire, une image forte et un palmarès chez les jeunes qui nous placent parmi ce qui se fait de mieux à l’échelon national. Tout cela est en grande partie le fruit du travail de Patrick et des différents bénévoles qui ont œuvré à ses côtés.

Qu'aurait apporté Patrick dans ces temps difficiles et inédits ?

Sa sagesse. Patrick était quelqu'un de pragmatique et citoyen dans l'âme. Il est certain qu'il aurait eu un discours très ferme quant à l'application des directives tout en faisant preuve d'un grand calme et d'une grande attention. Je pense qu'il aurait été le moins anxiogène possible.

Quelle est votre politique ?

Un club ne vit pas grâce à une personne mais grâce à un groupe de personnes, c'est ma conviction et cela pour deux raisons. La première est qu'un club n'appartient qu'à ses membres et pas à un Président tout dévoué et investi soit-il. Il est toujours bon de rappeler que dans 99% des cas les statuts de nos associations prévoient qu'à tout moment, les membres peuvent demander un vote et ainsi changer la gouvernance d'un club. La seconde est que nous, les bénévoles, avons tous un travail et que la vie d'un club tel que le nôtre nécessite tout de même une charge et un investissement de temps non négligeable. Si nous voulons faire bien, nous devons nous répartir les tâches.

Comment organisez vous le quotidien au club et quel est le projet global ?

Nous avions déjà commencé dès la fin de la saison dernière à planifier des réunions mensuelles du Comité Directeur. Nous avons d'ores et déjà nommé des référents seniors, jeunes et loisirs qui siègent tous au Comité Directeur. Leur rôle est d'être les interfaces entre les membres et les dirigeants pour tout ce qui relève de l'extra-sportif. Notre vice-président est en charge en sus de l'événementiel. Je me charge pour ma part, en plus du courant de la communication. Par ailleurs, j'aime bien avoir un peu de visibilité, nous avons donc créé une feuille de route qui doit nous emmener jusqu'à la fin de la saison 2023. Ce plan fixe nos objectifs à atteindre à cette échéance. Nous devions le présenter en janvier. Nous le présenterons au sortir de la crise actuelle et verrons à ce moment là s'il convient de maintenir 2023 ou viser 2024.

Il faut désormais être patient tout en restant calme ?

Je suis dans la vie courtier en assurance depuis une trentaine d'années. Je suis donc rodé aux situations tendues. Pour autant, nous sommes aujourd'hui complètement hors cadre. Tout est inédit. A titre personnel et en dehors de toutes considérations politiques, je fais entièrement confiance à nos dirigeants et à notre administration pour gérer au mieux les semaines qui arrivent.

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