« Le Sprinter m’a appelé »

Cyclisme
Infos pratiques : 

A 24 ans, le Niçois Thibault Athané débute sa deuxième saison au CR4C Roanne. Il se confie sur son début de saison et ses ambitions à court terme et nous révèle un scoop…

Thibault, dimanche dernier tu as terminé deuxième, à domicile, du Souvenir Nucéra (toutes catégories ; 72 kilomètres) sur la Promenade des Anglais. Un plaisir de rouler à la maison et en échappée ? 

N’étant pas prévu sur Paris Troyes (1.2 UCI), j’avais demandé à mes directeurs sportifs de rester à la maison et de courir le Nucéra. Je venais dans l’optique de réaliser un bon entraînement puisque j’ai roulé avant la course puis de nouveau après. Mais je suis compétiteur alors oui je voulais faire le maximum pour être à l’avant et faire un résultat. 

Comment as-tu construit ta course ?

J’ai vu qu’un petit groupe était parti quasiment dès le départ et que ça commençait à rouler par à-coups dans le peloton. Je me suis dis alors qu’il fallait faire la jonction au plus vite d’autant plus qu’à seulement deux coureurs de l’équipe nous n’aurions pas beaucoup de cartouches. J’ai donc contré une attaque car je voulais ramener le moins de monde possible avec moi. Une fois devant nous nous sommes tout de suite entendus car les clubs les plus importants (Comme le Sprinter Nice et Monaco ; ndlr) étaient représentés dans cette échappée. Même si nous étions que deux de Roanne, Mathieu Fernandes a parfaitement couru derrière puisqu’il était présent dans tous les contres. 

Si Lavieu, qui termine troisième, a joué l’attaque dans le final, quelle a été ta tactique ?

Dans le final, je n’ai pas tenté d’attaquer contrairement aux autres car j’étais sûr de ma pointe de vitesse et je pensais réellement gagner. Malheureusement quand le sprint s’est lancé, Lavieu et Tarride se sont accrochés, j’ai dû freiner pour les éviter et je n’ai jamais pu remonter l’Estonien (Greg Hallop de Monaco ; ndlr). Je suis déçu car je voulais vraiment gagner, surtout que c’était à la maison. Mais bon, je me console en me disant que je serais au moins monté une fois dans ma vie sur le podium de Paris-Nice (rires).

Qu'as-tu pensé de l'Estonien et de l'Anglais de Monaco qui étaient dans l’échappée avec toi ? Deux recrues... Le directeur sportif Guido Possetto estime que cette année son groupe est plus homogène et plus fort que l'année dernière...

J’étais déjà échappé la semaine passée à Montauroux avec Tom Armstrong donc je le connaissais un peu. Même si je n’ai pas couru beaucoup contre eux l’année dernière je pense effectivement que leur groupe est plus fort. Puis on a vu sur le Nucéra qu’un coureur n’hésite pas à se mettre à la planche pour l’autre. 

Comment s'est passé ton hiver ? Tu as pu profiter des conditions hivernales très clémentes de la Côte d'Azur avec très peu de pluie entre novembre et février ?

Je pense que cette année tous les cyclistes ont pu se préparer correctement et du coup cela s’est ressenti dès les premières courses : cela roule plus vite. Même avec des conditions clémentes, je ne voulais pas tomber dans le piège de trop en faire, la saison est longue. Avec l’équipe nous avons pu peaufiner notre préparation lors d’un stage d’une semaine à Calpe (Espagne ; ndlr). Je remercie une nouvelle fois, Daniel Mottet et le staff du CR4C qui nous ont mis dans des conditions optimales d’entraînement. 

Ton début de saison ? Tu as déjà bien couru avec les plusieures toutes catégories, le Jean-Masse une Elite-Nationale et une manche de coupe de France DN1. Comment te sens-tu ?

J’ai pu disputer déjà plusieurs courses dont une coupe de France. Je ne suis pas un adepte du début de saison, mais on m’a dit qu’il fallait que je sois compétitif dès le début d’année. J’ai essayé alors de trouver le bon compromis pour pouvoir remplir les rôles qu’on me donne et peser sur les courses sans toutefois être au top de ma forme. Même si ces deux derniers week-end je me suis retrouvé à l’avant et que les sensations s’améliorent, il va falloir confirmer sur des épreuves plus importantes.  

Tes objectifs principaux de 2016 ?

Je ne suis pas encore assez fort pour pouvoir dire je vise telle ou telle course. Je préfère cibler des périodes. Les objectifs ont été établis en discussion avec les directeurs sportifs, nous ferons un bilan à la fin de l’année. Une chose est sûre, gagner au moins une course est l’objectif principal, c’est quand même pour pouvoir lever les bras qu’on s’inflige tant de sacrifices. 

Après deux toutes catégories, tu vas courir dimanche l’Elite Nationale de Châtillon – Dijon. Un parcours bien dur dans les cinquante derniers kilomètres. La direction sera globalement toujours la même du Nord au Sud. Le vent jouera forcément un rôle puisqu'il n'y a pas de changement de direction notable ?

Pour l’avoir fait l’année dernière, c’est une belle classique du calendrier. Effectivement le final est difficile, il n’y a qu’à voir le classement chaque année, ce sont les costauds qui sont devant. Comme souligné, le vent joue un rôle important sur cette course notamment dans sa première partie mais pour le moment, le vent annoncé ne semble pas très fort mais cela peut encore changer. 

Parles-nous de la DN1 du CR4C Roanne. Pas mal de mouvements durant l’été et un groupe très jeune car du haut de tes 24 ans tu es le deuxième plus vieux. Capitaine de route en étant né en 1991 ?

Il y a eu du mouvement mais tout s’est très bien passé concernant l’adaptation des nouveaux. Nous les connaissions déjà puisqu’ils évoluaient dans des équipes Rhône Alpines et nous les côtoyons quasiment tous les week-ends. Selon moi, le groupe est très homogène et c’est ce qui fera notre force. L’équipe a débloqué le compteur plus tôt que l’année dernière (Papillon et Bouchard ont gagné début mars ; ndlr) et cela enlève une petite pression. Même si j’ai 24ans, il est quand même bon de rappeler que je me suis mis au vélo plus tard que la majorité des coureurs qui évoluent au même niveau. Alors je n’ai pas forcément plus d’expérience. Ce n’est donc pas moi qui occupera ce rôle. 

Tu débutes ta troisième saison en DN1 ta seconde à Roanne après une première année à Vaulx-en-Velin. Comment vois-tu ton avenir à ce niveau et plus globalement en tant que coureur ?

A ce niveau, il est très difficile de se projeter surtout quand on n’est plus espoir comme moi et où dès lors le monde professionnel s’éloigne peu à peu. Puis il faut être réaliste, pas tout le monde n’a les capacités de franchir le palier. La DN1 signifie que nous avons quasiment les mêmes contraintes que les professionnels mais sans les mêmes conditions matérielles ou financières. Très peu d’amateurs arrivent à vivre du cyclisme. Pour le moment, je me concentre sur l’année en cours et pas plus loin. 

Ton club formateur, le Sprinter Club de Nice Jollywear, vient de monter en DN2 et affiche de belles ambitions pour l’avenir. Un retour à la maison, comme le font cette année Icard et Lavieu est-il envisageable ?

Le Sprinter, c’est le club qui m’a formé et cela me fait plaisir de voir que celui-ci évolue. Quand il a été promu en DN2, Olivier (Presse, directeur sportif de Nice ; ndlr) m’a contacté et cela m’a fait plaisir qu’il pense à moi pour renforcer l’effectif mais tout se passe très bien à Roanne, je n’avais pas l’intention de partir.

(Crédit photo : Kim Caritoux)

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