Ne pas forcer une reprise

Basket
Infos pratiques : 
  • 17/02/2021

Prétendant logique en début de saison, à minima, au podium, le GSEM Nice avait, sur un plan comptable, très bien débuté sa saison avec deux succès en autant de matchs disputés.

Elément depuis sept saisons maintenant de l'équipe première de Nice Basket, Arthur Malatesta livre un sentiment bien tranché sur l'actualité et ses espoirs pour la suite.

La Pré-Nationale du GSEM Nice Basket traverse cette crise sanitaire et l'absence de compéititon et de salle avec les avantages de sa jeunesse. Autour de l'un de ses capitaines de route, Arthur Malatesta, qui fait office de dinosaure du haut de ses 25 ans, les Niçois se regroupent le samedi et le dimanche, à raison d'une heure trente par session, au Mont Boron (Photo). 

"Nous avons mis en place cette organisation depuis l'instauration du couvre-feu de 18h00", explique l'ailier à www.magsport06.fr. "On profite. Tout simplement. On a pas d'autre choix et nous ne sommes pas décisionnaires. Donc tout ce qui est possible de faire, on ne s'en prive pas. On arrive toujours à avoir au minimum sept à huit gars, avec aussi des joueurs de la réserve et des juniors qui se joignent à nous, donc de quoi faire pour shooter et se faire quelques matchs. On s'amuse, mais ça reste du loisir, bien loin de la compétition." Malatesta confie que ses équipiers et lui-même peuvent difficilement se passer de ces moments de détente. "Personne ne se force à venir." 

Au sujet des dernières annonces de la FFBB, qui se refuse pour le moment à annoncer une saison blanche, le joueur de 190 cm peine à prendre position pour une bonne raison. "Pour être sincère, on suit ça de loin. On a lâché petit à petit car on ne sait plus vraiment quoi penser sur les différents rapports de réunion dont on prend connaissance. Ils ne veulent toujours pas stopper la saison ? C'est leur choix. Je pense que nous, joueur amateur de niveau régional, on ne maîtrise pas tout. Mais, pour parler en mon nom, je pense que reprendre serait un non sens mais je ne saurai expliquer pourquoi rien n'est encore décidé."

De nombreuses rumeurs ont circulé ces jours derniers au sujet d'une éventuelle communication commune des FFBB, FFVB et FFHB pour annoncer l'arrêt de la saison 2020-2020. Jusqu'à présent il n'en est rien et les deux premières citées ont publié des propos incitant à l'espoir. Mais pour Arthur Malatesta, les instances font fausse route. "Personnellement, j'espère qu'on ne reprendra pas le championnat tant que des gens meurent dans les hôpitaux. Reprendre coûte que coûte pour terminer un semblant de championnat ne m'intéresse pas. Je prône l'innovation. Que les Fédés se regroupent, discutent et mettent en place toute sorte d'événement pour inciter les jeunes à faire du sport. Il faut trouver des pistes et créer au sens large du terme. La vie sportive amateur est quasiment paralysée depuis un an alors c'est le moment de bouger les lignes."

Alors, lorsqu'on lui apprend la dernière annonce de la Fédération Française de Volley-Ball, qui évoque un éventuel retour en salle pour les Nationale 2 et 3 fin mars et des premiers matchs deux à trois semaines plus tard, il reste dubitatif.

"Il ne faut pas se cacher, on sera la dernière tranche à retrouver une activité normale. Sans démagogie aucune, je veux qu'on retrouve les terrains quand les gens auront du travail et que les étudiants iront à la Fac. C'est seulement à partir de là qu'on pourra rejouer au basket. Je le redis, reprendre ce championnat ça ne m'intéresse pas. De plus, si pour les jeunes ça devrait bien se passer, je pense à tous les trentenaires - et quadra - à qui on demanderait de rejouer des matchs avec seulement deux ou trois semaines d'entraînements dans les jambes ? C'est trop compliqué. Je sais que certain ont complètement lâché depuis plusieurs mois et ça peut se comprendre. Les gars travaillent, ont des responsabilités et le week-end ils veulent aussi profiter de leur famille plutôt que d'aller dimanche matin durant l'hiver sur un terrain extérieur. A 20 ans c'est un pur plaisir, mais l'âge avançant ça devient une contrainte."

Si les Niçois n'ont pas encore évoqué la composition du groupe pour la saison prochaine, les choses devraient se dérouler naturellement. Si pour deux garçons, étant étudiants en médecine, l'incertitude, surtout compte tenu la crise sanitaire, est légitime, pour le reste, rien ne devrait bouger. "On est tous des gars du coin ou à minima des joueurs qui ont toujours joué au club ou qui y sont revenus. Il n'y a aucune raison pour que ça bouge puisque le groupe est jeune et a été construit de façon à progresser sur plusieurs saisons. Certes, septembre, c'est encore loin, mais j'ai confiance. Il n'y a aucune tendance à des départs."

(Crédit photo : Prenateam)

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