Par Sudeast Info
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« La peur de perdre était présente »

Ecrit par Martial HESPEL

A moins d’un repêchage, le Handball des Collines quitte le niveau PNF et retourne, après deux saisons en sixième division, en Départemental. David Venturelli se livre en détails.

David. L’an passé, dans un championnat à onze clubs, ton équipe s’est maintenue en PNF pour sa première saison. Mais cette année, la formule est repassée à seulement dix équipes. Tu avais expliqué, notamment, que cette nouvelle saison serait difficile car la densité serait plus imposante. Tes craintes pour ton effectif se sont révélées exactes ?

Oui, je ne m’étais pas trompé. Si certaines personnes de nos instances rigolaient quand je disais cela, je sais que j’étais dans le vrai. Nos adversaires pensent la même chose. Rien à voir avec la saison dernière où quasiment toutes nos victoires ont été acquises avec dix buts ou plus d’écart. Et nous n’avions gagné que face à des adversaires moins bien classés que nous : sept victoires en vingt matchs. Ce championnat, cette saison, était bien plus homogène. On a mis longtemps avant de savoir qui allait vraiment sortir du lot.

Au final, tu ne gagnes que trois matchs, dont la toute première journée. Mais on remarque que sept de tes défaites l’ont été pas seulement un, deux ou trois buts d’écart. On ne peut pas dire que ton groupe ait été dépassé ?

En effet. Toutes nos défaites avec plus d’écart l’ont été lorsque nous avions une ou plusieurs absences. Notre effectif n’étant pas très étoffé pour le niveau PNF – même si nous avions 33 licenciées séniores, une grande partie ne jouait qu’en PERF – une seule absence cadre nous mettait à mal. Mais nous n’avons pas réussi, à part à Sanary, à gagner contre ces équipes qui terminent au-dessus de nous. Il ne manquait pas grand-chose, mais on ne réussissait pas à repartir avec la victoire. 

Toute la saison, tu as pourtant mis en avant l’état d’esprit irréprochable du groupe. Malheureusement, les résultats auront eu raison de cette ambiance lors des dernières semaines ?

Je ne dirai pas cela comme ça. Il est vrai que jusqu’à fin janvier l’ambiance était vraiment sensationnelle. Puis, petit à petit, la cohésion se perdait. Les défaites n’aidaient bien évidemment pas. On a un groupe très hétéroclite. Plusieurs mamans – souvent célibataires à devoir gérer leurs enfants – des jeunes étudiantes ou qui sortaient à peine de leurs études, des différences d’âge très importantes. Dans les moments difficiles, je pense que ces différences n’ont pas aidé. Mais heureusement, ça ne se « frittait » pas non plus. Je lisais il y a quelques jours, de Thierry Vincent, coach de la LFH de Toulon, que chez les filles, pour avoir des résultats il fallait un groupe. Je pense qu’il nous a manqué un chouïa de cohésion dans ce groupe. Il n’y a aucune fille « plante-merde », aucun mauvais esprit. Toutes sont vraiment des filles bien. Mais le manque de maturité, de tolérance ou de disponibilité ont pu nous gêner parfois. Pourtant, moi, je préfère avoir des groupes de ce style, où tout le monde se mélange, malgré ses différences. Je trouve cela beaucoup plus enrichissant, humainement. Je n’ai pas dû réussir à faire monter la mayonnaise pour arriver à nos fins…

« La Ligue devrait protéger les petits clubs »

Il est frustrant de se battre avec ses armes dans un championnat composé en majorité de réserves, au niveau fluctuant ? Antibes, Cannes et Cagnes pour ne citer que tes voisins…

Frustrant ? Le mot est bien trop faible ! Cette saison, c’était assez équilibré : sur dix équipes, on était cinq non réserviste. Mais il faut avoir du bol avec le calendrier. Il parait que ça fait partie du jeu. En novembre, La Garde – réserve de N1F avec qui on a joué le maintien toute la saison – aligne pas moins de huit joueuses de N1F à Cagnes-sur-Mer pour leur coller 39 à 16. Cagnes était alors au complet. La Garde nous est passée devant à ce moment-là. Autant dire que le moral de mes filles en a pris un coup. Fin janvier, la Ligue nous a mis une journée de championnat alors que c’était la trêve en Nationale. On reçoit Cannes qui nous fait descendre deux très bonnes joueuses de N2F. Ces deux filles nous alignent 25 buts sur les 34 de leur équipe. On est trop loin de ce niveau-là. Ma base arrière culmine à 1m60 ! Depuis, Cannes a tout perdu, dont le match à La Garde il y a dix jours. Je n’ai rien du tout contre Cannes, bien au contraire, mais je trouve que la Ligue devrait protéger les petits clubs et surtout l’équité. La saison prochaine, la PNF aura sept réservistes sur dix. Bravo. Si l’on veut développer le handball féminin dont les effectifs sont en forte baisse dans la région, je reste persuadé qu’il faut diversifier l’offre, que ce soit de niveau mais aussi géographique. Tout est concentré sur les mêmes secteurs. Pour un petit club comme le nôtre, qui est certainement celui qui a la plus petite subvention de la Côte d’Azur malgré nos 210 licenciés, évoluer en PNF est vraiment fantastique.

Cette année, tu n’as pas eu de buteuse, comme Oumi Samba a pu l’être l’année dernière. Un groupe c’est un collectif, mais cela peut être aussi une individualité qui va te sauver un match sur deux intervalles dans la dernière minute. Cette année, c’est Ketty Mi-Poudou qui termine meilleur scoreuse de ton équipe avec seulement 3.44 buts par match… Les sept matchs perdus par un, deux ou trois buts d’écart son aussi le résultat de l’absence d’une vraie buteuse ?

En effet. Oumi n’a joué que trente minute cette saison. Pour des raisons familiales, elle n’a pas pu continuer avec nous. La saison dernière, elle tournait en moyenne à dix buts par match. Cette année, je n’avais aucune joueuse de ce profil. Ketty, même si elle est la meilleure buteuse de l’équipe, a été bien trop inconstante et n’est, d’ailleurs, pas celle qui a eu le plus de temps de jeu sur la saison. C’est dire le souci que nous avons eu avec l’ensemble des filles de l’équipe pour scorer. On a eu une efficacité aux tirs à faire pâlir un mort et ce à tous les postes : on doit tourner à 30% maximum. Dans le money-time, on a trop souvent failli. Notre dernier match face à BTP en est l’exemple le plus frappant. De par nos petits gabarits, on ne tirait que très peu de loin. Malgré des défenses aplaties face à nous, on finissait beaucoup à six mètres et sur les ailes. Mais là encore, nos ailières ont eu un pourcentage bien trop faible, surtout dans les moments chauds des matchs. Et que dire de notre efficacité aux penalties ? La gestion du stress a été compliquée. La peur de perdre était présente depuis le début de saison. Ce groupe a manqué cruellement de caractère. Et on a eu notre lot de blessées, comme Caro qui n’a fait que six matchs, dont deux en étant complètement valide.

Après cinq ans d’existence, tu es montée en PNF. Deux saisons galères plus tard, retour au point de départ pour l’équipe senior. Quel peut-être son avenir ? Ton club devrait commencer à voir émerger des filles de qualité qui ont aujourd’hui entre 14 et 16 ans, qui ont commencé toutes jeunes aux Collines. Elles n’ont aujourd’hui plus la PNF en vitrine… Cela t’inquiète-t-il ?

Je ne suis inquiet de rien pour notre club. Si effectivement on redescend, le club se porte très bien. On a près de 210 licenciés, on a une équipe dans chaque catégorie féminine même si, cette année, les effectifs ne sont pas toujours assez nombreux pour tenir une saison. On a une salariée à temps complet et en CDI. On intervient dans les écoles de façon quotidienne et on signe une convention avec le collège. Quant au niveau de nos jeunes, il n’est pas encore très performant. Mais j’ai beaucoup d’espoirs sur la saison prochaine et la progression d’un groupe très intéressant que nous avons. Nous intégrons encore deux ou trois jeunes vraiment intéressantes en sénior la saison prochaine. Si on prend du recul, avec le peu de moyens que l’on a à notre disposition au départ, je crois pouvoir dire qu’on peut être fier de ce que l’on fait. La priorité du club reste les jeunes. Les séniores sont la cerise sur le gâteau. Mon but est de faire en sorte que ce groupe donne envie aux jeunes de faire du hand et de continuer. Et je reste persuadé que nous allons rebondir en sénior, à court ou moyen terme. On ne manque pas d’ambition, raisonnée, certes, mais on tentera d’essayer de progresser encore. Il ne faut pas oublier que notre club est tout jeune. On n’a pas l’histoire de nos voisins et, en plus, nous sommes assez reculés sur un point de vue géographique. Nos étudiantes vont au plus près à Nice, on les perd souvent. Ce sera notre problème majeur pour arriver à vivre de notre formation.

« Je suis assez déçu que certains adultes… »

On a su très vite que ta PNF n’allait pas s’en sortir. Chaque week-end chacun y a cru, mais ce n’est pas arrivé. Malgré ça, comment as-tu senti le club dans sa globalité avec la vitrine vacillante ?

Déjà l’année dernière on a senti une différence d’approche des gens vis-à-vis de notre équipe n°1. Tu te rends compte qu’il vaut mieux jouer les premiers rôles en PERF que les derniers en PNF. Que les enfants ou ados puissent moins comprendre la difficulté supplémentaire que l’on peut avoir au niveau au-dessus, c’est normal. Je suis assez déçu que certains adultes ne l’admettent pas. Nos joueuses sont toutes des nanas qui viennent prendre du plaisir et essaient de concilier leur vie familiale et professionnelle avec leur sport. On n’a aucune joueuse qui est payée. J’ai des filles qui viennent au match avec leurs enfants en bas âge. Ce n’est vraiment pas facile pour elles. J’ai un exemple : son mari travaillant, pour venir au match Alex a dû amener plusieurs fois ses trois enfants qui ont de 18 mois à 8 ans. On doit trouver quelqu’un du club pour les lui garder dans la tribune. C’est ça le sport féminin de notre niveau ! Il faut tout prendre en considération. J’ai énormément de respect voire de l’admiration pour elles. Il faut que les gens tiennent compte de tous ces paramètres. Mais la critique est tellement plus facile, on voit ça de partout. Heureusement, chez nous, c’est rare…

Si on reprend purement l’équipe fanion pour l’année prochaine, comment vas-tu organiser l’intersaison ? Vas-tu chercher à remonter rapidement ? Vas-tu relancer un projet ? Où vas-tu laisser le temps faire son œuvre ?

Franchement, je ne sais pas trop encore. Il faut déjà que je digère. Je mets énormément d’énergie dans ce club et ce groupe. La déception est très présente. J’ai ma part de responsabilité dans cette descente, c’est évident. Mais les joueuses ont la leur aussi. L’intersaison se déroulera comme d’habitude. On n’a pas les moyens de faire venir des joueuses en claquant des doigts. Ne viennent chez nous que celles qui en ont vraiment envie. On n’a pas d’arguments financiers, ni de niveaux et on peut paraitre un peu « loin de tout » alors qu’on arrive rapidement jusqu’à nous, chez nous il n’y a pas d’embouteillage ! Pour jouer la montée, ce sera aux joueuses d’aller la chercher et surtout à se donner les moyens de leurs envies. Mon rôle sera d’essayer de les accompagner pour qu’elles y arrivent. On ne doit pas voir l’inverse… Pour ma part, je souhaite ne pas mettre une quelconque pression ni même un objectif en terme de résultat. Je sais ce que c’est que de jouer une montée quand on n’est pas les meilleurs. Cela demande pas mal d’exigences avec soi-même et on doit accepter beaucoup de choses. Ensuite, pour le projet, il est toujours le même : les séniores font partie intégrante du projet du club et est indissociable de celui des jeunes.

(Crédit photo : Marc Pélissier / Vincent Saverino)



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