Par Sudeast Info
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« J’aurai pu repasser pro »

Ecrit par Martial HESPEL

A 31 ans, l’ancien professionnel Renaud Pioline, débarque en DN2 au Sprinter Club de Nice Jollywear. Trois objectifs : son plaisir, les coupes de France et aider les jeunes.

Renaud, te voilà coureur cette saison de la DN2 du Sprinter club de Nice et pourtant on ne t’attendait plus sur route…

En effet. J’avais annoncé aux médias que ce devais être ma dernière saison (2015 ; ndlr). Enfin, j’allais faire du VTT mais arrêter la route. Finalement, Lionel (Lahoun nouveau directeur sportif au Sprinter Club de Nice Jollywear ; ndlr) m’a appelé une fois. Mais ce n’était pas du tout prévu que je reprenne. Et puis le projet m’a plu. Lionel, je le connais indirectement et j’ai pris ma décision aussi parce que c’est lui qui m’a appelé. 

Tu arrives en forme et compétiteur ?

J’ai beaucoup moins d’objectifs que l’année dernière, une saison moins pleine car j’aurai le VTT à côté mais ça ne m’empêche pas de rester compétitif. J’ai déjà prouvé que sur une grande course, au Jean-Masse (Une Elite Nationale le 21 février où il termine 13e ; ndlr), j’étais là avec un gros plateau. Je me dis que j’ai encore des restes. Je m’entraîne moins aussi car j’ai créé une société dans le rééquilibrage alimentaire : ça prend du temps. Avant, ma priorité c’était le vélo puis le boulot. Aujourd’hui c’est le boulot puis le vélo. J’ai inversé les priorités. Mais le but est de rester performant le plus longtemps possible. Je me repose aussi un peu sur mes acquis des années précédentes.

Tes ambitions ?

Franchement, je n’espère rien du tout si ce n’est aider au maximum l’équipe, notamment en marquant quelques points en coupe de France car c’est l’objectif numéro un du club. Moi ? Juste prendre du plaisir. C’est mon but. Je n’ai pas arrêté le sport car ça fait partie de moi : le vélo, je ne fais pas autre chose. Je prendrai du plaisir en aidant l’équipe à faire une bonne saison. Enfin, avant quand je parlais de saison c’était presque 80 jours de course. Là, pas vraiment, ce sera une demie saison. Mais le peu que je fais j’espère bien le faire.

Tu as connu le monde professionnel en 2007 chez Auber 93. Une chose qui te permet d’avoir beaucoup de recul sur ta vie de cycliste ?

Alors moi c’est particulier car oui je suis passé pro, j’ai signé un contrat, mais je ne peux pas dire que j’ai une grande connaissance du monde professionnel. Déjà, ce n’était qu’un an, ce n’est pas très long et puis c’est ma pire saison de cycliste car j’ai été opéré du genou en cours de saison. C’est à ce moment-là que j’ai fait le moins de vélo, je n’ai quasiment pas couru. Une année galère. Oui je suis passé pro car j’ai eu les résultats qui m’ont permis d’y prétendre, mais je n’ai pas été performant. Alors on l’annonce car ça fait joli sur un palmarès mais quand je suis redevenu amateur, je ne me sentais pas comme un ancien pro. J’ai du réapprendre les bases car j’avais des lacunes et pas mal de soucis de santé. Plus tard, j’aurai pu repasser pro mais les choses de la vie ont fait ce que n’est jamais arrivé.

Que connais-tu du Sprinter ?

J’ai découvert le projet récemment car, sans mentir, je n’ai jamais trop regardé le Sprinter auparavant. Je les croisais de temps en temps sur les courses de la région, mais on les voyait peu sur les grandes courses quand j’étais en DN1. Ce projet me plaît : aider les jeunes. Il manque quelque chose dans le sud alors pourquoi pas une DN1 à terme, ça serait vraiment pas mal. Si je peux les aider à ce niveau-là j’en serais satisfait. C’est un beau projet. Comme le dit Eric (Masséglia le Président ; ndlr) Nice est la cinquième de France et normalement il y a un potentiel humain pour faire une belle équipe.

Il est n’est pas normal que la cinquième ville de France soit, jusqu’à l’année dernière, en DN3 ?

C’est sûr, après ça ne fait pas tout. On est très excentré : pour aller sur les courses c’est compliqué. Nous ne sommes pas sur un territoire de cyclisme contrairement à la Bretagne ou la Normandie, qui pourtant n’ont pas la même météo qu’ici, où ça roule beaucoup plus. Ici, oui il y a des gens qui roulent, mais il n’y a pas beaucoup de gros clubs finalement et donc pas de compétition non plus. Avant oui il y avait toutes les courses dans le sud. Aujourd’hui il n’y a quasiment plus rien. Ce n’est pas une région qui a un attrait pour le vélo. Il y a une migration vers les autres équipes. Ainsi, si on peut faire une belle saison et attirer du monde pour l’année prochaine et les années futures, ça peut être bien. 

(Crédit photo : Magsport06)



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