"Je vous dirai ça dans un mois"

Hand
Infos pratiques : 
  • 28/01/2019

En battant 35-28 Saint-Etienne samedi dernier à l'occasion de la dixième journée de Nationale 2, le Bâtiment Nice s'est donné de l'air pour le maintien et a surtout envoyé un signal au reste du championnat avant de se déplacer à Marseille pour un match charnière.

Neuvième de N2M, le BTP Nice sort d'une grosse performance contre Saint-Etienne. Le moment d'un long entretien avec Nicolas Perrin, cette année adjoint du coach JB Gervais. L'ancien Capitaine du Cavigal Nice en Nationale 1 vit une nouvelle aventure avec plaisir et passion.

Nicolas, vous sortez d'une très grosse performance contre Saint-Etienne, quelle a été la clé de cette réussite ?

Les garçons ont mis tous les ingrédients que l'on demande ! Nous avons de bons joueurs, de bons gars : la plupart, j'ai joué avec eux. On connait la qualité de notre groupe, mais il manquait ce truc en plus. Cette niaque, cette envie... Je ne sais pas trop comment définir ce mot. Mais ce week-end, à tous les niveaux, nous avons eu l'investissement que l'on attendait. Quand ça joue au ballon comme ça, c'est beau à voir. Le don de soi pour l'équipe, aller constamment vers l'avant et allier la tête et les gestes.

Que peut annoncer cette victoire pour l'avenir ?

Je vous dirai ça dans un mois ou deux. Faire ce qu'on a fait contre Saint-Etienne une fois c'est bien. Maintenant il faut le répéter. C'est n'est pas à l'instant T qu'on peut juger ce que ce type de prestation va nous apporter pour l'avenir. Maintenant, la question c'est comment la reproduire, avancer et gagner des matchs. Mais les voir jouer comme ça, heureux, avec le smille, c'est kiffant. J'espère que ce sera un déclic. On a le groupe pour être capable de tout faire.

Au niveau de l'infirmerie le groupe est épargné depuis le début de saison ?

Sur ce point là on est plutôt pas mal. Mais c'est beaucoup de gestion car il y a forcément des gars sur qui on tire beaucoup. Mais JB à l'expérience et le recul pour gérer les phases de repos et savoir où appuyer pour éviter les pépins physiques. 

Le BTP qui bat Saint-Etienne, La Crau qui s'impose contre Antibes ou encore il y a peu Marseille qui a battu Saint-Raphaël... Un championnat surprenant où tout peut se passer ?

Tout le monde peut battre tout le monde dans le sens où c'est un championnat tellement relevé où si tu ne te donnes pas les moyens pour gagner, tu es puni ! La sanction est inévitable ! Il y a des premiers et des derniers, mais pas de petite équipe. Toutes ont un potentiel. Toutes ont quelque chose pour battre n'importe qui. C'est pour ça que j'espère cette dernière victoire peut servir de déclic dans ce championnat homogène.

Le Bâtiment est en passe doucement de s'installer durablement en Nationale 2, cela faisait partie de tes ambitions en arrivant là il y a quatre ans ?

Mon premier objectif quand je suis venu ici c'était dans un premier temps de faire perdurer le niveau Nationale. A l'époque on était en N3M et nous sommes montés. Et pour un club comme le notre qui n'a pas des finances inépuisables, il faut continuer à travailler sur formation pour intégrer les gamins dans le groupe senior. C'est ce qu'on arrive à faire avec Maxence Daudé, M'hamed Yahya ou encore Florian Nicolaï. Le BTP Nice est un beau club formateur et on doit tout faire pour intégrer les gamins et jouer et gagner des matchs de haut de tableau comme samedi. 

C'est un savant mélange de réussir à créer une osmose entre les jeunes et les cadres historiques de l'équipe ?

A côté de la formation il nous faut conserver les cadres comme Fathi et les autres. Des gens qui ont des valeurs, qui se lance sans compter dans le projet, pour l'amour du maillot et l'ambition d'avancer avec les jeunes. Et puis au niveau du recrutement, on met aussi l'accent des jeunes locaux comme Alexis Charlier, Louis David ou encore Lucas Meyffret. De part leur passage au Cavigal Nice où je les ai vu grandir, ils ont déjà une belle expérience mais sont encore très jeune. On connait leur mentalité. Il faut continuer dans cette politique. 

Ce week-end vous terminez la phase aller à Marseille. Dans l'éventualité d'une victoire, le chiffre de 5 succès serait-il satisfaisant ?

Ça va être compliqué on le sait. Ils ont battu Saint-Raphaël il y a dix jours. C'est une équipe de bas de tableau certes mais qui monte en puissance, à l'image de Monaco aussi. Même si on arrive à cinq victoires, ça restera décevant pour moi. Bon, oui on reste dans le temps du maintien qui reste le but premier, mais avec l'équipe qu'on a composée de joueurs de qualité, on pourrait être plus haut avec plus de victoires.

Tu es aujourd'hui l'adjoint de Jean-Baptiste Gervais, comment s'est créé et fonctionne ce duo ?

Voilà des années qu'on se connaît. Il a même été mon entraîneur quelques temps en Nationale 1 au "Cavi" quand il avait pris la succession de Claude Mirtillo. Quand les dirigeants du club lui ont proposé de reprendre la Nationale 2, c'est lui qui est venu me voir pour me demander si je voulais qu'on se lance dans l'aventure à deux. Pour moi, à 38 ans, c'était le moment d'arrêter ma carrière et de prendre du recul. Peut-être que j'aurai pu encore donner un coup de main si besoin ou avoir un rôle en Pré-Nationale, mais à un moment donné il fallait que j'arrête. Et puis en plus JB m'a proposé ce challenge. C'est cool. On revit des beaux moments, c'est une belle aventure ensemble. 

Ce rôle peut-il créer une vocation ?

On verra. Ça reste très particulier. J'ai toujours été joueur sauf une fois, il y a très longtemps, il y a vingt ans, où j'ai eu une équipe de jeune pendant une saison. Mais c'est une certaine façon de voir les choses. Ça ne s'invente pas. Tu as une aisance ou tu ne l'as pas. Être avec JB c'est une formation en accélérée. Je l'accompagne, je vois comment il travaille et sa mise en pratique. Je prends du plaisir et c'est le principal. J'avais envie de continuer à partager avec eux mais de façon différente. Sur le terrain tu partages mais c'est différent, tu es dans le feu de l'action. Là je suis un peu plus en retrait mais j'aime ce que je fais.

(Crédit photo : Florence Brodin)

Gardons le contact